Discours de Claude Sturni, Maire de la Ville de Haguenau, prononcé le 11 novembre, à l'occasion de la commémoration de l'Armistice de 1918

    En ce 11 novembre 2017, au terme de la quatrième année de commémoration du centenaire de la Grande Guerre, nous sommes réunis autour de ce monument pour faire mémoire de nos morts, emportés par un conflit dont l’ampleur et la puissance de destruction marqua, à tout jamais, la mémoire des peuples.

    Si 1916 fut celle des batailles de Verdun et de la Somme, 1917 fut - pour l’Europe de l’Ouest -, celle de l’offensive du Chemin des Dames et des Monts de Champagne.
    Préparée par le général Nivelle pour briser le « front allemand », elle s’avère à son tour très meurtrière et peu convaincante sur le plan militaire.

    Le cumul de trois années de combats sanglants et d’efforts de guerre considérables - noyés dans les tranchées -, ne restent pas, en 1917, sans conséquences sociales et politiques. Un mouvement de « dépression des troupes et des arrières » touche l’ensemble des belligérants. Cette fatigue se traduit par divers mouvements partout en Europe, dont le plus marquant, sur le plan géopolitique, fut la Révolution d’octobre, en Russie, aux conséquences que l’on sait.
    A bien des égards - au regard des évènements militaires, politiques et sociaux -, l’année 1917 apparaît comme l’année du tournant de la Grande Guerre.
    D’autant plus qu’en cette même année, les Etats-Unis entrent à leur tour dans le conflit en déclarant, le 6 avril, la guerre à l’Empire allemand. Il s’en suivra l’envoi de quelque 2 millions de combattants sur le front européen jusqu’à l’armistice.

    Cette guerre, que d’aucuns qualifient de « mère de toutes les guerres du XXe siècle » et dont les répercussions lointaines sont encore à l’œuvre aujourd’hui, a profondément modifié les rapports de force dans le monde.
    Devant l’ampleur du cataclysme et du poids de l’histoire, le « soldat inconnu » - enterré sous l’Arc de triomphe et icône des combattants de la Grande Guerre morts aux combats -, est aussi devenu, au fil du temps, le témoin anonyme de tous les civils et militaires « morts pour la France » dans l'accomplissement de leur devoir, dont, pour la période que nous vivons, les morts en opérations extérieures.

    C’est pourquoi, par volonté nationale exprimée par loi du 28 février 2012, c’est le souvenir de tous ces sacrifices que nous voulons entretenir aujourd’hui. Merci, à chacune et à chacun, de votre présence, ce matin.
    Il y a cent ans, en ce mois de novembre 1917, en application du traité de Francfort, l’Alsace et Haguenau étaient encore terres allemandes. En plus des affres de la guerre, ce nouveau et terrible conflit sera aussi source de déchirements au sein de bien des familles, souvent partagées entre deux grandes cultures, deux grandes nations sur cette terre d’Europe.
    Andreea, Aîssa, Armand, Berkay, Clara, Emma, Eva, Gaspard, Ilyes, Lucas, Lucile, Méline, Nicolas et Sophie, nous donneront lecture, tout à l’heure, des noms des 47 Haguenoviens qui ont trouvé la mort sur les champs de bataille, en 1917.

    Qu’en ce jour du 11 novembre 2017, cette commémoration de tous nos morts fasse écho au cœur de nos consciences et, plus largement, au cœur du projet qui est notre seul avenir : celui d’une Europe unie et forte.

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