Une Fête Nationale 2020 réinventée

     

    C’est sous une nouvelle forme que les Haguenovien(ne)s ont commémoré la Fête Nationale cette année dans le contexte de la crise sanitaire que nous connaissons !

    Le 13 au soir, les animations dans les quartiers ont été privilégiées à un grand rassemblement au centre-ville. Le feu d’artifice, tiré depuis 3 points, a permis à la plupart de le regarder de partout et éviter ainsi le très gros rassemblement que l’on connait habituellement sur l’espace Vieille Ile. Merci aux associations qui se sont rapidement mobilisées pour répondre présentes en assurant la partie restauration. Merci également aux groupes musicaux qui ont animé les différents sites et surtout merci au public qui a fait preuve de bon sens en s’amusant tout en respectant les gestes barrières !

    Le volet plus officiel du 14 juillet (sans défilé cette année) a lui aussi été repensé avec néanmoins la présence de l’Armée, deux prises de parole de M. Claude Sturni, Maire de la Ville, et la participation du Conseil Municipal des Enfants. Ce temps s’est déroulé successivement place de la République puis sur le parvis de l’Hôtel de Ville où un verre de l’amitié était offert aux participants.

    Pour revivre ces 2 jours d’événements, nous vous proposons de lire et visualiser les prises de parole de M. Claude Sturni, maire de Haguenau et de plonger dans un album photos sur Facebook !

     


     

    Discours du Maire, prononcé sur le parvis de l'Hôtel de Ville : 

     

    Message du Conseil Municipal des Enfants : 

     

    Discours du Maire Claude Sturni, prononcé Place de la République :

    Mesdames et messieurs les représentants du Peuple,
    Mesdames et messieurs les représentants de l’Etat et des autorités civiles et militaires,
    Messieurs les représentants des cultes,
    Messieurs les représentants des associations des anciens combattants  et des associations patriotiques,
    Mesdames et messieurs,

    En cette année 2020 marquée par l’épidémie du COVID 19, la célébration de notre fête nationale prend, évidemment, un caractère particulier.

    Tout en tenant compte des impératifs de santé que le coronavirus nous impose, j’ai souhaité que les 13 et 14 juillet gardent, à Haguenau, une certaine solennité et, autant que faire se peut, leur caractère de fête populaire.

    Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont rendu ces rendez-vous possibles, notamment celui que nous vivons en ce moment, ici, place de la République, à défaut d’avoir pu organiser le défilé militaire qui est de longue tradition dans notre ville. Mais la présence militaire est signifiée, ce matin, par un détachement du 28e groupe géographique et je remercie de leur présence les militaires qui le constituent. En cette année 2020 si particulière, cette présence dépasse, à mes yeux, le cadre strictement haguenovien. La crise sanitaire qui nous assaille, d’ampleur inédite depuis la Seconde guerre mondiale, a permis de montrer une facette nouvelle de notre
    armée : une armée « soignante », engagée – dans le cadre de l’opération Résilience - au service d’une France sous très haute tension sanitaire.

    Je n’oublie pas que cette opération fut enclenchée au service de notre région et très précisément au service de la partie Sud de l’Alsace, à Mulhouse.  
    Cette opération a mobilisé non seulement les moyens lourds de réanimation du service sanitaire de l’armée, mais aussi des moyens logistiques importants, notamment d’aéroportage.

    Mesdames et messieurs, permettez-moi de développer quelques considérations plus globales sur le sens de cette célébration.

    Dès la 3e République, la Fête Nationale que nous célébrons aujourd’hui a été fixée au 14 juillet, dans la double perspective du 14 juillet 1789 - jour de la prise de Bastille - et du 14 juillet 1790 - jour de la première fête de la Fédération. Celle-ci célébra la fraternité et l’unité nationale de manière telle qu’elle s’inscrivit dans la mémoire collective. Je reviendrai sur ce point de l’union nationale et de la fraternité, tout à l’heure, à l’hôtel de ville.

    Pour l’heure, concentrons-nous sur 1789, année charnière de la Révolution française.

    « Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune ».

    C’est par ces mots que commence, en son article 1er, la « Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen » votée, le 26 août 1789, par l’assemblée constituante réunie à Versailles.

    C’est par ces mots que sont closes les portes de l’Ancien Régime, de l’arbitraire royal et de l’ordre féodal dont le 14 juillet 1789, jour de prise de la Bastille, est souvent considéré, avec le recul de l’histoire, comme le point de bascule.

    L’adoption de ce texte est probablement l’acte le plus remarquable et le plus hardi de la Révolution française.

    Elle concrétise la décision de l’assemblée nationale constituante de rédiger une « déclaration des principes fondamentaux » à partir desquels sera établie une nouvelle constitution pour l’Etat, étant entendu que, selon le texte introductif même de cette déclaration (citation suit) :

    « Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale - considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements - ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ».

    La France n’a certes pas initié le mouvement révolutionnaire de démocratisation de l’Etat, pour employer une terminologie d’aujourd’hui, car la révolution américaine en avait montré le chemin, dès 1776, par la Déclaration d’Indépendance.

    C’est, en revanche, le caractère universel des droits attestés par cette déclaration qui la singularise. C’est son caractère d’adresse à l’humanité toute entière qui l’a imposée bien au-delà de nos frontières nationales.

    Près de deux cent cinquante années après son adoption, la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 fait toujours référence dans le monde.

    Elle est non seulement constitutive du préambule de la constitution de la Ve République qui est la nôtre, mais elle a aussi servi de fondement à des textes de portée internationale telle la Déclaration universelle des droits de l'Homme adoptée par les Nations unies le 10 décembre 1948 ou encore la Convention européenne des droits de l'Homme du 4 novembre 1950 portée par le
    Conseil de l’Europe.

    Elle demeure, pour nous, Françaises et Français du XXIe siècle, la marque fondamentale de la Révolution française que nous célébrons en ce jour du « 14 juillet ».
    Elle demeure un projet à poursuivre,
    Elle demeure un horizon à ne pas perdre de vue malgré les vicissitudes de l’histoire.

    Elle demeure notre projet,
    Elle demeure notre horizon,
    Elle demeure notre credo républicain !

    Vive la République, Vive la France !